Bonnard’s Dog
The title poem of her 2015 collection from Hanging Loose Press, read in the courtyard at Arles, with Geneviève Liautard reading her French translation alongside.

Bonnard’s Dog
Summer, he called his canvas – made it huge, for the rich Swiss patrons;it didn’t fit the wall.My first glance drowns me – Provence, heat, the tick and scent;la canicule. Blue leaves that only let inburning sky. Ache of silence, heart-beat mid-afternoon.You can walk into it as pilgrimswalk into landscapeand be enfolded. It is porousand endless as the sea. I enter, past the three childrenand the sleeping black man in his capand boots, pastthe little dog, into the space –golden, it’s Bonnard – wherelife hangs suspended. Noticeall at once a walking womanin white, sketch of a dog leaping,two plump sunbathing nudes.Dreamscape: arcadia. Who areThese people?Drown, or wake.I enter the vastness, hot grass, shadeless: dry, cicada-loud. This is a country that would swallow me whole, if not for the small brown dog there at the very front of the canvas,center-stage. Does it belong to the man in the blue cap?Is it waiting for him to wake up?It won’t move towards the child whoreaches a hand to it. Not now,not ever. This dogis the present moment. It’s also 3 pm, a summer day in 1917.The dog is paint. Brush-strokes.The dog is Bonnard’s gift.Look, I am here. A dog’s life is short.This dog’s life is forever.
Le chien de Bonnard
Il l’appela “été” – sa toile,la fit énorme, pour ses riches patrons suisses –elle dépassa le mur.Mon premier regard me noie:Provence, chaleur, pulsation et odeur –la canicule. Feuilles bleues qui ne laissentvoir que le ciel en feu.Douleur de silence, battement du coeuren plein après-midi.On peut y entrer comme fontles pèlerins dans un paysagepour en être entourés.Il est perméableet sans fin, comme la mer.J’entre, devant les trois enfantset l’homme noir endormi avec sa casquetteet ses bottes, devantle petit chien, vers l’espace –doré, c’est du Bonnard – là oùla vie se suspend. Je voisd’un coup, une femme en blancqui se promène; l’esquisse d’un chienqui saute.Deux femmes nues, dodues, allongées au soleil.Pays de rêve. Arcadie. Qui sontces gens?Se noyer, ou se réveiller.J’entre dans l’espace vaste,dans l’herbe chaude, sans ombre; sèche,bruyante de cigales.Ceci est un paysqui m’avalerait toute entièreà part le petit chien brunlà, sur l’avant-scène de la toileen gros-plan.Est-ce qu’il est à l’homme à la casquette bleue?Est-ce qu’il attend son réveil?Il ne va pas s’avancer vers l’enfant quitient sa main vers lui. Ni maintenant,ni jamais.Ce chien estle moment présent,Il est aussi quinze heures d’un jour d’été, 1917.Le chien est peinture,marques du pinceau;le chien est le don de Bonnard.Regarde-moi, je suis là. La vie d’un chienest brève. La vie de ce chien-ci est éternelle.